A qui s’adresse le coaching ?

Posté le 28-10-2007 à 10:00 - Jean-Yves Arrivé
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Le coaching est indiqué pour toute personne en situation de travail qui se retrouve confrontée à l’une ou l’autre de ces situations :

  • devoir s’adapter à une période de transition
  • faire face à un changement ou surmonter des insuffisances ou des blocages qui l’empêchent de progresser
    Tout salarié qui rencontre ce genre de difficulté dans sa pratique professionnelle sera susceptible de faire utilement appel au coaching. Il est impératif que sa problématique ne relève pas du champ de la formation, auquel cas une simple acquisition de savoir ou l’apprentissage d’un savoir faire spécifique suffira pour résoudre la difficulté rencontrée. Voir les deux cas ci-dessous :

    Cas N°1 : Feu vert pour un coaching
    Joël, directeur technique dans un centre d’appel, est en conflit important avec les trois superviseurs de son équipe qui s’en sont ouverts au Directeur Général, son supérieur direct. Il fait de l’autoritarisme » dit l‘un. « Il n’est pas à notre écoute et refuse d’entendre les difficultés que nous rencontrons sur le terrain », dit un autre. Après s’être entretenu avec Joël, son DG lui a proposé un coaching. Ce choix paraît adapté à une problématique dans laquelle la dimension relationnelle, la dynamique personnelle du manager et l’importance du conflit qui s’est installé au sein de l’équipe sont les éléments déterminants pour ce type de prescription.

    Cas N°2 : Priorité à la formation

    Hélène, 32 ans, jeune directrice commerciale très appréciée pour ses qualités managériales, rencontre des difficultés importantes dans la gestion des réunions dans son service. Les discussions partent dans tous les sens, les idées fusent de tos côtés et les réunions se terminent souvent sans qu’aucune décision ne soit clairement prise. Comme il y a peu de traces écrites de ce qui s’est dit et décidé pendant ces réunions, chacun interprète à sa guise les propos tenus au cours de ces séances de travail. L’efficacité de l’équipe s’en ressent. Un examen superficiel de la situation pourrait conduire à proposer un coaching à Hélène pour l’aider à surmonter ce comportement brouillon, qi risque rapidement de lui être préjudiciable.
    En réalité, cette jeune manager n’a pas été snesibilisée à l’importance de la préparation et au suivi d’une réunion, ni formée aux méthodes, techniques et outils qui permettent d’animer efficacement une réunion. Un séminaire de formation (généralement 2-3 jours) consacré à ce thème pourra tout à fait, dans un premier temps, apporter une réponse satisfaisante à son besoin.


    On comprend donc mieux qu’au sein de l’entreprise, le coeur de cible du coaching se trouve chez les cadres dirigeants et les managers d’équipes à fort effectif. Néanmoins, on voit peu à peu la pratique s’élargir au middle-management dont les responsabilités ont été renforcées depuis les années 1980.

    Au premier plan de ces profils "coachables", on va trouver les managers, car la gestion des relations interpersonnelles constitue certainement l’une des responsabilités les plus complexes qui soient. Viennent ensuite les chefs de projets qui rencontrent des difficultés à asseoir leur légitimité du fait de leur position non hiérarchique, et des situations complexes et variées euxquelles ils doivent faire face.

    Cette liste n’est, bien entendu, pas limitative et tout secteur d’activitié, toute profession peut tirer bénéfice du coaching.

    A l’heure actuelle, le coaching est clairement devenu un ingrédient de la culture populaire. Il n’est qu’à voir le nombre d’émissions de télé-réalité (bien qu’on puisse se demander de quelle réalité il s’agit là) où l’on peut voir officier des coachs de tous gabarits, du psychologue de salon à la gouvernante sévère en passant par le conseiller matrimonial cauteleux ou le professeur de gymnastique à domicile. […] mais on peut souligner que la prolifération de la figure du coach sur les écrans de télévision traduit une forte demande d’accompagnement et d’aide à la decision de la part de toutes les strates de la société. Autrement dit, la notion même de coaching s’est démocratisée. Savoir si c’est pour le meilleur ou pour le pire reste un autre débat. En ce qui nous concerne, notre réponse à la question « A qui s’adresse le coaching ? » - peut aussi se formuler ainsi : à tous ceux pour qui le développement professionnel constitue un enjeu prioritaire dans leur carrière.

    Que cet enjeu soit dicté par des raisons propres au salarié ou par des contraintes liées à son environnement, le but visé reste le même : développer le professionalisme et l’employabilité. Relevons au passage que ceux qui reprochent au coaching de se concentrer sur l’individu quand il serait plus urgent de remettre en cause l’organisation, lui font un mauvais procès. Le coaching n’a pas pour vocation de bouleverser les structures des institutions. Si cela arrive, c’est de manière fortuite. Il est délibérément au service d’un individu qui va parfois découvrir au terme de son coaching qu’il souhaite changer de voie. Avoir été coaché n’empêche personne de prendre part à un mouvement collectif ou de s’impliquer dans une organisation de salariés. D’ailleurs, le secrétaire national d’une grande organisation syndicale a li même suivi une formation au coaching). Si le coaching a des valeurs à proposer, ce sont bien le respect de l’autre et la liberté : des valeurs que le coach met en pratique en s’abstenant d’intervenir ou de critiquer les choix du coaché.

    Jean-Yves Arrivé, extrait du livre "Le coaching en 60 question" publié aux Editions Retz . Mis en ligne par l’auteur ou avec son accord explicite




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