Une réponse négative est deux fois meilleure que pas de réponse du tout. (Carl Whitaker)
Avant de signer un contrat de coaching, il nous est nécessaire de vérifier si les troix parties (client, coach, donneur d’ordre) s’engagent à participer à la réussite de l’objectif défini.
Qu’est-ce que l’engagement ?
C’est la dernière étape avant de commencer un programme de coaching. Elle se concrétise par un contrat formel.
Sur quoi repose un engagement ?
Le partenariat doit être explicité et les conditions sont les suivantes :
1/ A quoi s’engage-t-on ? Qu’attendons-nous de ce coaching ? A obtenir des résultats. A effectuer un travail en vue d’atteindre u objectif. Sans direction de travail il n’y a pas d’engagement possible.
2/ Quels sont les investissements nécessaires à l’atteinte de cet objectif ? Cela veut dire qu’il s’agit de poser clairement les coûts matériels et immatériels du travail daans lequel nous nous engageons (temps passé, argent, espoirs, priorités…). Il importe donc de se doter des moyens.
3/ Quels sont les obstacles qui peuvent empêcher d’atteindre cet objectif ? Il s’agit ici de mettre à jour les freins. Ce peut être des personnes, des limites personnelles…
Le processus d’engagement est à terme lorsque le client et le coach connaissent précisement les résultats attendus du coaching (qu’est-ce que l’on fait ensemble ?), les obstacles possibles (ce qui pourrait nous empêcher de mener à bien ce coaching) et ce qu’il en coûtera à chacun pour y arriver.
A quoi sert un engagement ?
A se motiver. A tendre les deux personnes (coach et client) vers un résultat. A permettre d’atteindre l’objectif que nous nous sommes fixé car chacun fera sa part de chemin pour arriver au résultat attendu. L’engagement doit être mutuel.
Une question nous semble essentielle lors de l’entretien préalable : Qu’est-ce qui vous ferait quitter le programme de coaching ?
Cette question préalable est indispensable pour connaître la limite de ce que le client supporte dans sa situation problématique. La réponse va nous donner une information qui évitera de nous laisser surprendre. La réponse nous permettra d’avoir l’indicateur du seuil de tolérance du client. Souvent le client nous donnera une réponse que nous aurons à faire préciser :
- « Que je me sente agressé ». Est-ce cela dont il parle, peut-il me préciser ce que cela veut dire précisemment ?
« Que vous me mettiez en colère ! » C’est une information : si mon client se met en colère, je peux le confronter au seuil évoqué par lui lors de l’entretien préalable. Et qu’est-ce qui est insupportable, qu’est-ce qui vous met en colère ici précisemment ? Comment a-t-on fait pour cela ?
- - « Que l’on avance pas » Ah ! Cela nous orienterait-il vers un challenge impossible : avancer tout le temps ! Ou que le coach doive prouver à chaque instant que l’on est dans une pente ascendante permanente ! Pas de pause, pas d’étape plateau pour se recentrer, se regrouper, se poser ? « Et si nous n’avonçons pas, à quoi ou à qui attribuez-vous cela ? ».
- - « Que vous rompiez la confidentialité ». Merci pour ce propos, pense-t-il qu’il y a un risque ? Y-a-t-il eu déjà des situations où la confiance a été trahie dans cette organisation ? Dois-je reposer clairement le cadre préalable (règles de fonctionnement et de sécurité) que je croyais bien établi ?
- « Si vous appliquez une procédure ». Il était curieux et interpellant que cette cliente m’ait dit cela car elle avait un poste contrôlant la sortie d’un produit.
- « Si vous n’êtes pas direct », sa problématique : son N+1 souhaite qu’elle soit plus confrontante et elle n’y arrive pas ! Dois-je prendre la place du N+1 ? Il y a risque d’impasse.
Cette question va nous renseigner de différentes façons :
- Est-ce une limite que ne peut franchir le client ? (peut-être est-ce son pas personnel à franchir ?).
- Est-ce une limite au-delà de laquelle il n’est plus en sécurité ? (peut-être est-ce son écologie personnelle qui est en jeu ? Il conviendra alors de la respecter).
- Est-ce la réalité de ce qu’il vit actuellement dans la situation qui lui pose problème ? (est-ce quelque chose de l’ordre de l’acceptation que le client a à expérimenter ?)
Les conséquences de ne pas poser cette question
Cette question nous donne des informations sur un frontière acutelle du client.Cela nous indique le seuil d’intolérance. Celui où notre client est vraiment confronté à la réalité du changement pour lequel il s’est engagé dans le coaching. Si nous n’avons pas cet indicateur, cette information : cette « goutte d’eau qui fait déborder le vase », quand le client va envoyer un signal (j’expérimente ma limite) je ne le percevrai pas et et je peux mpe trouver dans une situation inconfortable car il peut s’en aller sans crier gare, décider unilatéralement de son départ, ou pire, avoir mis mon client en insécurité sans le savoir.
En supervision, il n’est pas rare de trouver ce genre de situation. Cette question inquiète souvent les coaches car certains ont peur d’être confrontés au départ du client. Et par là, de faire fuir le client qui refuserait de répondre à la question avant même d’avoir commencé ! Le coach ne s’étant pas confronté lui-même à cette question en la posant au client pour privilégier la relation, se trouvera en difficulté en séance car n’ayant pas l’information des limites du client, ses seules informations vioendront de ces projections personnelles, de son propre référentiel. Il risque d’être timoré, de ne pas oser, de ne pas changer, et par voie de conséquence, que le client ne change pas et parte.
D’autres questions pertinentes sont utilisées en phase d’engagement. Nous les évoquerons à un autre moment.
Auteurs: Nicolas De Beer & Isabelle Laplante, Médiat-Coaching (http://www.mediat-coaching.com). Mis en ligne par l’auteur ou avec son accord explicite ou celui de ses ayants droit.