Posté le 26-05-2008 à 21:17 - Hélène POISOT
Qu’est-ce qui fait qu’un coaching est “réussi” ?
Nous connaissons les critères de réussite : les objectifs
atteints, la situation débloquée, les compétences du coaché
améliorées... et encore chez le coaché : l’apparition de changements,
d’ouvertures, d’une nouvelle dynamique, d’un sens...
Mais au-delà des outils, des techniques, des méthodologies apprises et
assimilées, il y a la qualité d’être du coach. Cette qualité me parait
essentielle.
L'état intérieur du coach
Nous savons en effet, grâce aux hypothèses systémiques, qu’un phénomène
de résonance se met en place dès que deux personnes parlent ensemble. A
plus forte raison, lors d’une séance de travail, nous
observons ce
phénomène qui apparait souvent de façon intense. Nous ressentons ce qui
se passe pour le coaché d’une manière particulière si cela vient
percuter quelque chose en nous. Notre type d’énergie est également
“contagieuse” et atteint le coaché.
Notre état intérieur est ainsi très important, essentiel
même, pour ce qui va se passer dans la séance. Et cela
suppose bien sûr, un travail constant sur nous-mêmes :
- sommes nous cohérent dans notre façon de vivre ?
- notre propre monde est-il suffisamment porteur d’énergie, de projets,
de découvertes, de plaisir ?
- que faisons-nous de notre créativité ?
- sommes-nous disponible et ouvert ?
- quelle est notre qualité d’écoute ?
- sommes-nous attentif à notre “route” de conscience ?
De la "Qualité d'être"...
Tout ce qui fait notre propre monde, la perception que nous avons de la
vie et des évènements, notre état de conscience, la qualité de notre
attention, forment le contexte de la séance. Les mots que nous
employons, les outils et les techniques que nous utilisons ne sont que
la face apparente d’un iceberg. Ce qui est agissant est en réalité
quelque chose que nous ne voyons pas mais que nous pouvons sentir.
Plus notre qualité d’être sera intense, moins nous aurons besoin
d’utiliser de techniques. Notre intuition et notre spontanéité pourront
alors nous guider.
Tout cela ne nous dispense pas bien sûr, d’apprendre et de travailler
les outils et les techniques. Mais si ces dernières ne sont pas
intégrées, digérées, vécues dans notre vie quotidienne, elles ne
servent qu’à réaliser un travail sans profondeur, sans le
“vivant”.
Notre qualité d’être se repère à notre capacité à être présent :
- présent à nous-mêmes d’abord : à nos perceptions, nos sensations, nos
émotions, nos pensées,
- présent à l’autre, à ce qu’il ressent, à son mode de perception, à
son vocabulaire, à son registre de conscience,
- présent à ce qui se passe dans la relation, à la qualité du contact
établi : sommes-nous synchrones ou bien existe-t-il un malaise
quelconque ?
- présent à la dynamique de la relation, à ce qui peut donner des
éclairages, du sens, si cela parait nécessaire.
Cette qualité de présence est complexe et simple à la fois. Elle
ressemble à une respiration. Cette dernière nous met en effet dans le
double mouvement de l’inspir et de l’expir, dans une sorte de
va-et-vient.
Coaching et tango argentin
Ainsi, un aller et retour constant entre moi et l’autre, entre la vie
de la relation et l’ouverture de perspectives, entre ma pensée et mes
perceptions, entre mon écoute et ma parole, entre ma subjectivité et
une position de recul, nourrit quelque chose à l’intérieur de moi. Il
s’ensuit un mouvement naturel qui se déroule et qui semble se faire
tout seul.
Comme dans la danse - et tout particulièrement dans le tango argentin !
- les deux personnes vivent dans l’improvisation, un seul
mouvement, tout en étant chacune dans leur centre et sur leur axe.
C’est une position paradoxale, et comme chaque fois que nous
pouvons nous maintenir dans le paradoxe, une sorte de joie intérieure
arrive et... “Autre chose” se passe.
Je suis persuadée que l’efficacité réelle d’un coaching est
la résultante de ces moments. Cela peut aller d’une minute
peut-être, à la séance entière, selon notre état
intérieur. Mais il suffit peut-être d’un petit moment passé
dans ces conditions pour que le coaché s’ouvre sur quelque chose de
nouveau à l’intérieur de lui.
La durée de la séance n’est pas en question, ni les techniques, ni les
paroles prononcées, ni notre savoir-faire...
Ainsi, il m’est arrivé de coacher un dirigeant (et c’était mon premier
coaching !) en me rendant à l’évidence qu’il n’était possible, ni de le
cadrer, ni de structurer quoi que ce soit dans ce travail, en raison de
sa personnalité indépendante, impulsive et rebelle. Je me suis donc
contentée de l’écouter en lui donnant seulement quelques retours et en
le rejoignant dans son humour. J’ai pu constater à l’issue de nos six
entretiens, un mouvement et une progression de son positionnement qui
m’a surprise. En effet, lors des deux premiers entretiens, il a été
question des défauts et des manques des personnes de son entourage.
Lors des deux suivants, il a demandé à travailler sur des situations
précises. Puis lors des deux derniers, il m’a annoncé à plusieurs
reprises qu’il avait trouvé des solutions pour des situations
préoccupantes pour lui. Il a été très satisfait de ces entretiens, même
si j’avais le sentiment que du “travail” restait encore à accomplir !
Je n’ai donc rien “fait”. Je me suis efforcée d’être à l’écoute de lui
et d’un certain malaise en moi, tout en restant très attentive à être
simplement moi-même. J’ai cherché à me contenter simplement d’être...
Notre travail consiste pour l’essentiel, à être présent à soi-même tout
en étant présent à l’autre. Il s’agit bien pour moi, d’une “qualité
d’être”. Pour y parvenir, car ce chemin ne semble jamais
abouti, je crois qu’il est nécessaire d’apprendre à nous
tenir le plus souvent possible, dans une position paradoxale...
Hélène POISOT
Auteur: Hélène POISOT, psychologue Clinicienne DESS, Graphologue du
GGCF, Coach (Médiat-coaching) a crée un cabinet en 1974, au service des
entreprises et des particuliers. Elle propose des coachings en
entreprise pour les dirigeants et les cadres, ainsi qu’une
aide à la décision pour les recrutements. Mai 2008. Mis en
ligne par l’auteur ou avec son accord explicite ou celui de ses ayants
droit.