Posté le 10-07-2008 à 15:57 - Eric Mercier et Catherine Besnard-Péron
Résumé de l’épisode précédent : Pierre, DRH, a identifié que Camille avait des
difficultés dans son nouveau poste de manager et, avec l’accord de son
responsable, envisage de lui proposer un coaching. Il est convaincu que
Camille est compétente, elle l’a d’ailleurs démontré dans son poste
précédent, et qu’elle a besoin de prendre du recul sur ses nouvelles
fonctions. L’objectif est qu’elle les exerce au mieux et soit plus
performante.
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Comment lui dire ?
Pierre se soucie
néanmoins de la meilleure manière de lui présenter les choses, et pour
préparer son entretien, couche sur le papier quelques points
qui
lui semblent importants:
- Le résultat du coaching
dépendra directement de l’implication pleine et entière de Camille, il
est nécessaire d’emporter son adhésion. Je vais donc le lui présenter
comme une proposition, plutôt que comme une prescription (de médecin)
ou une injonction. Ce qui veut dire, que je lui donne aussi le droit de
refuser et que je respecterai son choix ; dans ce cas, je serai à
l’écoute des solutions alternatives qu’elle pourra proposer.
- Insister
sur l’attrait que présente la démarche pour elle-même : possibilité de
se déployer sans freins, de développer son savoir-être, originalité de
la démarche.
- Je ne propose pas un coaching à tous les managers
: c’est un élément de reconnaissance de l’entreprise à prendre en
considération.
- C’est un accompagnement personnalisé qui répond à une
demande précise, et s’adaptera à la demande de Camille.
- Je rappellerai évidemment le cadre du coaching que m’a fait
parvenir Charles (le coach).
Le témoignage de Pierre, coaché
Pierre
anticipe que ces éléments ne seront peut-être pas suffisants pour
convaincre Camille du bien fondé de la démarche ni de la bonne foi de
l’entreprise. Quoi de mieux qu’un déjeuner avec François, un ami de
promotion, qui s’est retrouvé dans une situation similaire à celle de
Camille et qui a été coaché ?
Pierre : « Tu m’as bien dit la dernière fois que tu avais
suivi un coaching ? »
François : « En effet, et je ne regrette pas ! »
Pierre : « Dis-moi, comment as-tu réagit lorsque le DRH t’a proposé un
coaching peu de temps après ta promotion ? »
François
: « c’est étonnant ta question … parce qu’avant d’accepter, il m’a
fallu un temps de réflexion ! Je me suis senti flatté sur le moment, et
puis rapidement je me suis demandé ce que ça cachait : est-ce que
l’entreprise pensait que je n’étais pas compétent ? Est-ce que je ne
convenais pas au poste ? »
Pierre : « et alors ! Comment t’ont-ils convaincu ? »
François
: « Ce qui m’a convaincu, ça a été de pouvoir de discuter franchement
de ces questions avec le DRH qui me proposait le coaching. Il m’a
rappelé que le postulat de base du coaching est que le coaché est
compétent, et donc que mes compétences n’étaient pas remises en cause.
Ca m’a rassuré ! Je me suis finalement rendu compte au cours du
coaching que ces questions témoignaient plus de mon manque de confiance
en moi dans ce contexte de prise de poste que d’une réalité de
l’entreprise …sacré découverte ! »
Pierre : « Cet échange a donc suffit pour que tu accepte le coaching ?!
»
François
: « Pas complètement ; je me demandais ce qui avait été dit de moi au
coach, ce que le coach allait restituer de nos entretiens et qui il
était vraiment : un gourou reconverti ? Un copain de la direction ? Le
fait que je puisse rencontrer le coach avant de m’engager, et surtout
de le choisir parmi ceux qui avaient été sélectionnés m’a convaincu.
Nous avons commencé à élaborer le contrat ensemble : le coach – le DRH
– et moi, incluant la déontologie à laquelle il se réfère. Il s’est
engagé à ne restituer que ce sur quoi nous nous serions mis d’accord au
préalable tous les deux. »
Pierre : « Ca semble en effet bétonné comme démarche ! »
François
: « Plus que bétonné, c’était inscrit dans un cadre que j’ai
trouvé sécurisant. Je me sentais tellement à l’aise pendant l’entretien
que je me suis même permis de demander ce qui se passerait si le
coaching ne marchait pas … et là, le coach m’a demandé, en regardant le
DRH, qu’est-ce que vous appelez ne pas marcher ? Gros silence… S’en est
suivi une discussion d’une bonne demi-heure où nous avons abordé les
objectifs opérationnels du coaching, la manière de les mesurer et
l’engagement de moyen pris par le coach. Ca m’a déjà permis de prendre
du recul sur mes propres objectifs et l’idée que je me faisais –
l’inquiétude plutôt – de ma réussite à ce nouveau poste. »
Pierre
: « Merci pour ton retour d’expérience : il me permet
d’éclaircir
la vision que j’avais du coaching, et permet-moi de t’inviter ! »
François : « avec plaisir ! »
Comment traiter les objections potentielles ?
De retour à son bureau, Pierre prépare une synthèse pour son prochain
entretien avec Camille :
| Cadre de la
proposition de coaching : prescrire comme une proposition et respecter
le droit au non. |
| Objection
possible |
Argument |
Risque normatif : je ne
conviens pas à ce que l’entreprise attend, je ne suis pas compétent, ça
cache un futur licenciement.
|
Contexte
bienveillant
Postulat de compétence
Investissement de l’entreprise et reconnaissance du collaborateur |
| Confidentialité :
qu’est-ce que le coach restitue ? qu’est-ce qui a été
dit de moi ? qui est le coach : un copain de la direction ? |
Le coach est sélectionné
par l’entreprise et choisi par le coaché
Contractuellement, le coach ne restitue que ce qui aura été décidé avec
le coaché |
Et après ?
Que se passet-t-il si le coaching ne « marche pas » |
Lever la crainte qui se
cache derrière la question :
- que se passe-t-il si on ne fait pas de coaching ? que
met-on à la place ?
- en parler avec le coach
- qu’est-ce qu’on appelle « ne pas marcher »
|
Il
ne reste plus à Pierre qu’à sélectionner un ou plusieurs coachs. Nous
verrons dans le prochain article quels critères, objectifs et
subjectifs, Pierre utilisera …
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Auteurs
: Eric Mercier et Catherine Besnard-Péron. Article mis en ligne par
l’auteur ou avec son accord explicite ou celui de ses ayants droit.
Eric
Mercier : Après une formation d’ingénieur informatique, couplée avec un
DEA, Eric Mercier a exercé pendant 18 ans des fonctions d’encadrement
de projets et de commercial Grands Comptes dans le secteur
informatique, en France et à l’étranger. Il
s’installe en 2006 à Angers comme coach-formateur indépendant et se
spécialise dans la cohésion d’équipes commerciales, le coaching de
commerciaux et la formation des managers. Eric
Mercier anime en parallèle des séminaires sur le coaching, coordonne la
formation de coaching de l’Université Catholique de l’Ouest et est
délégué de l’AEC pour les régions Bretagne-Pays de la Loire.
Catherine
Besnard Péron : En profession libérale depuis 2001, elle intervient
comme coach et formateur, proposant un accompagnement à caractère
professionnel et également personnel. Elle
coache des clients en France et à l’étranger, en Entreprise, pour des
Institutionnels ou sur initiative personnelle d’individus. Elle
accompagne la cohésion des équipes commerciales, et a développé les
démarches de co-développement et d’Analyses de Pratiques. Membre
titulaire de l’AEC., elle intervient aussi en supervision.
Eric
Mercier et Catherine Besnard-Péron conçoivent et co-animent en
parallèle des séminaires sur le coaching, et ont créé LigerCoach, le
Pôle de ressources en coaching en Pays de Loire.