Le coach idéal selon les entreprises

Posté le 12-09-2008 à 18:18 - J-Y Arrivé & I. Frings-Juton
YOUman

Jean-Yves Arrivé et Isabelle Frings-Juton nous livrent dans cet article quelques-uns de leurs résultats sur la perception du "coach idéal" par les entreprises. Ces conclusions sont extraites d'une série d'interviews conduits dans le cadre de leur ouvrage "Maîtriser le coaching".

Dans le second volet de notre enquête nous avons demandé aux entreprises de nous donner leur description et leur vision des coachs eux-mêmes. Il en ressort qu'elles en attendent beaucoup. On attribue au coach des qualités aussi nombreuses que variées, appartenant à des registres très différents. Par petites touches, à travers toutes leurs déclarations, les entreprises nous dessinent d'une certaine manière le portrait du coach idéal.
Ces qualités se répartissent en quatre domaines de compétence, :relevant respectivement de la connaissance, de la pratique, de l'attitude et de l'expérience (savoir, faire, être et posséder). S'il fallait les résumer en un mot, c'est celui de maturité qui vient le premier à l'esprit. En effet, l'image que les entreprises renvoient de la profession ne semble pas la destiner à des débutants.

Mais même si l'on ne peut guère s'improviser coach du jour au lendemain, il n'est pas interdit de gagner du temps en cherchant à acquérir les compétences que le marché attend d'un professionnel.

Que l'on soit coach, futur coach, prescripteur, coaché ou futur coaché, on trouvera dans ce portrait des éléments aussi utiles pour choisir un coach adéquat que pour développer ses propres compétences de coach.

Capacités intellectuelles du coach

On attend du coach qu'il possède les connaissances et les capacités mentales propres aux professions de conseil, c'est-à-dire qu'il soit:
  • informé parce qu' « il doit connaître la culture de l'entreprise» (Deloitte). En d'autres termes, « il doit tenir compte du contexte de l'entreprise et de l'environnement» et « de la logique de pouvoir» (PPR) ; - expert, car « il est expert dans les outils qu'il utilise et passer au-delà par la construction de son propre outil» ;
  • respectueux d'une déontologie « en mesurant ses capacités pour refuser des missions» (Géodis) et d'une éthique telle que: « la confidentialité, la franchise et ne pas chercher à imposer une attitude ou un comportement» (Lille Métropole. . .) ;
  • capable d'analyse. Il analyse c'est-à-dire « qu'il est là pour préciser ou répondre précisément à la demande» et déterminer ou « définir les besoins du coaché» (Altadis) ;
  • capable de prendre position, car il doit « être détenteur d'un parti pris, d'une démarche constructive et d'une méthode ».

Compétences techniques du coach

C'est dans ce domaine que l'on repère les qualités spécifiques au coaching. En effet, un coach doit pratiquement les posséder toutes s'il veut mener à bien ses missions. Donc - et rappelons que c'est l'avis même des entreprises - un coach devra savoir:
  • accompagner. Il accompagne le coaché « dans sa réflexion et son analyse» (CMA), « l'amène à voir différemment les choses» (Saint- Gobain) et dans « l'élaboration d'une solution» (Ogilvy) pour aboutir « au changement du comportement du coaché» (50 % des interviewés) ;
  • communiquer. Pour 50 % des entreprises, il favorise la communication dans la relation parce qu'il « a une écoute» et il est « empathique» et « permet de s'exprimer» tout en sachant « adapter son langage à celui de l'entreprise» (Accenture - Convergys). Dans la relation « c'est un partenaire ». L'empathie est la capacité à se mettre à la place de l'autre. Cela ne signifie pas adhérer aux opinions de l'autre mais les prendre en considération;
  • conseiller. Le coach transmet parce qu' « il propose des astuces et des outils» pour « satisfaire une logique cartésienne» (15 %) et « donne des conseils» pour 73 % des personnes interviewées;
  • renvoyer. Il crée un « effet miroir» pour notamment Accenture et Cosmosbay- Vectis ;
  • motiver. Il «pousse le coaché à l'action» (Géodis).

Attitudes personnelles du coach

Les qualités personnelles ne se décrètent pas, mais il est toujours possible de les cultiver. L'équation personnelle du coach dessine le portrait d'un sage, d'un individu mature qui sait trouver le bon dosage entre intervention et retenue. La description qui résume toutes les autres nous a été formulée ainsi:
le coach est « honnête (intellectuellement), discret, humble, convivial, reste à sa place, neutre» (Philips) et dispose surtout « de qualités humaines» (Séché Environnement; Aventis; Cosmosbay- Vectis).

Expérience acquise du coach

Dans cette rubrique, on trouvera tout ce qui, de l'avis de nos interlocuteurs, peut enrichir le CV d'un coach. On ne saurait trop les recommander à ceux qui envisagent de se destiner à cette profession. Parmi ces expériences, les suivantes ont été citées le plus souvent:
  • solide expérience professionnelle «pour faire face à nos top managers» (Deloitte) ;
  • avoir exercé la «fonction de manager» (57 % des entretiens) pour comprendre les rouages (structure, équipe) dans lesquels s'inscrit le coaché ;
  • connaissances « en psychologie» ou « être psychologue ou psycho-sociologue» (M6, Atis Real Auguste Thouard & Associés; Lille Métropole), donnée déjà relevée dans l'étude Syntec (1) ;
  • bien se connaître pour « bien faire la distinction entre ce qui lui appartient et ce qui appartient au coaché» (Accenture); en d'autres termes « avoir fait un travail sur soi» ;
  • posséder une personnalité mature ou « avoir une expérience de vie ». Ce dernier point corrobore les résultats de l'étude menée par la Société française de coaching (2) : 43 % des coachs ont entre 41 et 50 ans.
A travers tous les éléments de ce portrait, on constate que les entreprises voient le coach comme un professionnel, quelqu'un qui exerce un vrai métier, reconnu comme tel, un pédagogue doté aussi de nombreux atouts sur le plan humain. Un mélange de savoir-faire et de savoir-être que l'on retrouve dans une attente exprimée de manière majoritaire: que les coachs aient acquis d'une manière ou d'une autre une expérience dans la formation ou le conseil.
Mais ce qui frappe dans ce portait, c'est une forte attente au niveau de ses qualités personnelles.

Auteurs : Jean-Yves Arrivé et I. Frings-Juton. Extrait de l’ouvrage "Maîtriser le coaching", Editions Liaisons, 2004, 26 €. Mis en ligne par l’auteur ou avec son accord explicite ou celui de ses ayants droit.




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